Home Envie de Béziers ? Discours sur le Quai - mercredi 20
Discours sur le Quai - mercredi 20 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Guilhem Johannin   
Lundi, 25 Mai 2009 11:26

Madame la Députée Européenne, et si tu me le permets, très chère Anne,

Président, mon cher Marc,

 

Chers amis,

 

Il était une fois…  j’aime bien les histoires qui commencent ainsi…

Il était une fois, donc, il y 800 ans, presque jour pour jour…

 

 

 

Un haut dignitaire à double casquette politique et religieuse partît en guerre contre l’hérésie Cathare dans le Midi et pour initier son funeste projet, choisît de s’attaquer au maillon le plus faible de la région, un certain Raymond – déjà … ! – de Trencavel celui-la, petit Vicomte sans grande envergure de Béziers et de Carcassonne.

 

Plus récemment, en Irlande ou dans les Balkans, les mêmes causes d’intolérance ont nourris les mêmes haines, ont déchirés les mêmes vies et fait raisonner les mêmes silences.

 

Bien sûr, je ne dis pas que les religions sont les uniques causes des guerres, mais peut-on nier qu’à chaque fois que les églises – toutes religions confondues – sont intervenues ou ont voulu intervenir dans les affaires publiques, la paix entre les Hommes a été fragilisée ?

 

Pourquoi je vous parle de ça ?

 

Parce que la séparation de la sphère privée dont fait partie la croyance individuelle de l’espace public est l’une des valeurs fondamentales de la République que nous portons au Mouvement Démocrate, à tel point que nous l’avons inscrite dans notre charte des valeurs.

 

Alors, quand l’UMP prend aujourd’hui pour alibi l’Europe, à des fins purement électoralistes – que croire d’autre – pour justifier la désormais reconnaissance des diplômes entre Paris et le Saint Siège, je dis que c’est une double forfaiture :

 

- d’abord, ils jouent sur les mots : cet accord avec le Vatican s’est fait dans le cadre de la Convention signée à Lisbonne en avril 97 qui porte sur « la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur dans la région européenne »… la région européenne… ce n’est pas l’Europe au sens où nous l’entendons. « Les mots ont un sens, Monsieur Joffrin de Libération »… ça vous rappelle quelque chose ?

 

- ensuite, parce qu’il me semble indispensable, dans la construction européenne, que chaque pays mette en avant ses spécificités, son caractère plutôt que d’accepter une vaste uniformisation atone et sans saveur.

 

Comme si nous n’avions pas assez à faire pour réhabiliter aux yeux des citoyens une Europe sans cesse conspuée par ces mêmes politiciens comme étant la cause de tous nos malheurs économiques et sociaux, voilà qu’elle devient dans leurs mots la destructrice inéluctable de notre colonne vertébrale institutionnelle : j’ai nommé la Laïcité !

Alors je vous parle de ça, parce que nous, les Démocrates, avec François BAYROU, nous ne pouvons pas l’accepter !

 

ø

 

Chaque génération doit apporter sa pierre à la construction de l’Europe qui se fait dans l’espace et à travers le temps.

 

Il y a eu ceux qui ont rêvé d’Union Européenne, ceux qui ont signé les premiers traités, ceux qui ont libéré les échanges, ceux qui ont réuni ce que l’histoire avait éparpillé, puis ceux qui ont repoussé les frontières.

 

Et puis, maintenant, il y a nous.

 

Nous à qui incombe la poursuite de l’œuvre inachevée.

 

Nous disions tout au long de ce mandat qui s’achève : il nous faut une Europe politique ! ce sera le prochain chantier.

C’était sans compter sur la crise qui précipite un second chantier : l’Europe sociale.

Deux chantiers qu’il nous faudra mener de front, dans l’intérêt de l’Homme au cœur d’une stratégie de développement durable qui traite de manière intégrée les aspects économiques, environnementaux et sociaux.

 

Alors : qu’est ce que l’Europe, dans sa dimension stratégique, peut apporter à notre ville ? à notre territoire ?

 

Deux des sept grands défis peuvent se jouer désormais directement entre la ville, comprenez l’entité urbaine de proximité, celle qui est la plus proche du citoyen, et l’Europe.

 

-          le transport durable

-          la santé publique

 

Le transport d’abord, dans sa dimension urbaine. Les villes d’un même territoire fusionnent et doivent organiser un réseau de transport collectif d’avenir, de l’après pétrole.

 

L'Initiative CIVITAS, avec un budget de 300 millions d’euros, s’emploie à générer, à impulser un changement décisif dans la politique des villes en matière de TPU.


Objectifs:

  • Promouvoir et implanter des transports urbains durables, propres et efficaces.
  • Réaliser et tester de véritables changements dans le domaine de l'énergie et des transports,
  • Créer un public critique et susciter des marchés innovants

Eléments clés de CIVITAS :

  • CIVITAS est coordonnée par les villes, c'est un programme de villes pour les villes
  • Les villes sont au coeur même de collaborations locales publiques
  • Les villes sont des “laboratoires” - apprendre et évaluer

Deux programmes CIVITAS ont permis depuis 2002 à 36 villes européennes de bénéficier d’un budget de 100 millions d’Euros en soutien et en évaluation des mises en application de stratégies intégrées et ambitieuses dans le domaine des TPU durables qui contribuent à améliorer considérablement le bien-être des citoyens européens.

 

Non, le biterrois n’est pas trop petit pour ce programme : La Rochelle, avec 160.000 H (jusqu’à 250.000 l’été), Aalborg (Danemark) avec 160.000 H, Szczecinek (Pologne) 40.000 H

 

Et je vous annonce que j’ai déjà pris des contacts avec certaines villes qui font partie du réseau CIVITAS pour m’informer et me former et pouvoir présenter pour le biterrois un projet intégré, intelligent de transport vert.

 

Tout le travail que nous avons fourni depuis 18 mois s’avère pas si stupide que ça.

 

Autre transport

 

Le transport routier de marchandises est à 100% pétrole dépendant. Dans ce contexte, un recours à l'intermodalité est nécessaire afin de contribuer à une meilleure utilisation des infrastructures existantes et des ressources de service grâce à l'intégration du transport maritime à courte distance, du rail et du transport fluvial dans la chaîne logistique. Dans ce contexte, le programme Marco Polo (2003-2006) vise à déplacer les marchandises de la route vers des modes plus compatibles avec l'environnement.

 

Encor faut-il que les collectivités qui pilote l’aménagement du territoire intègre cette vision du développement durable, et là encore, quand on nous parle à Béziers de l’arrivée du Port Sec de Barcelone qui va augmenter le trafic autoroutier dans des proportions dramatiques, nous plébiscitons le projet mer/rails à Sète défendu par la région.

 

ø

 

Enfin, la santé publique.

 

Que ce soit l’Hôpital public dont le maire est le président du CA, en matière de restauration collective publique, d’antennes relais ou de subvention des associations à but médico-social, la ville a un rôle déterminant, primordial dans la politique de la santé publique.

 

Mais le maire volontaire, il ne le sont pas tous, doit être aidé pour la mise en place de sa politique de santé publique :

-          il faut des agriculteurs bio pour garantir une parfaite sécurité alimentaire, et donc repenser les financements de la PAC

-          il faut des normes européennes claires pour délivrer des permis d’installation des antennes relais de téléphonie mobile pour une couverture optimale et réputée sans danger – l’Europe doit aider les maires à – en quelque sorte – ne pas devoir choisir

-          il faut des normes strictes et prévoir des sanctions réalistes pour contraindre à la cohérence d’un territoire en matière d’usage des herbicides par ex

 

Anne nous parlera tout à l’heure de son travail sur le projet REACH et sur les pesticides notamment

ø

 

Pour conclure, nous ne devons pas attendre d’être en situation de responsabilité pour nous préoccuper de ce que l’Europe peut apporter dans la gestion si quotidienne d’une ville.

 

Nos projets d’aménagement du local ne peuvent pas être pensés autrement qu’à travers un prisme européen :

-          parce qu’il existe plein d’outils que nous serions stupides de bouder

-          parce que des financements sont proposés et que nous serions idiots de nous en passer

-          parce qu’enfin, nous avons avec des interlocuteurs extraordinaires, des eurodéputés qui ont choisi de siéger à Bruxelles, qui sont compétents et disponibles, et que nous serions sots de ne pas les solliciter pour qu’ils contribuent à l’avènement de nos projets locaux, ici à Béziers comme dans toutes les villes de la région !

 

et je m’engage résolument aux cotés d’Anne Laperrouze pour qu’ici, à Béziers, les citoyens, les associations et pourquoi pas les élus des villages porteurs de projets innovants sachent qu’une porte sur le parlement européen leur sera toujours ouverte !

 

A vous tous je le dis …  Nous l’Europe !

 

Je vous remercie.

 

 

 

Mise à jour le Lundi, 25 Mai 2009 11:32